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GYAN-France
La Turquie appartient-elle à l’Europe ?
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Le 2 Novembre 2004, le GYAN France a organisé la première table ronde, dans une série de débats politiques pour l’année académique 2004 – 2005.
Six associations politiques de Sciences Po Paris -
A Gauche en Europe, les Jeunes Verts, Mouvement des Jeunes Socialistes, l'UDF Sciences Po, l'UMP Sciences Po, et Dialogues et Initiatives - ont participé à une table ronde sur la question, « La Turquie appartient-elle à l’Europe? »
Voici les positions prises par quatre associations qui y ont participé :
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| November 21, 2004 | 4:10 PM |
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Mouvement des Jeunes Socialistes - Pour un OUI à la Turquie
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La Commission européenne vient de recommander l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, laissant au Conseil des ministres européen qui se tiendra à Bruxelles le 17 décembre le soin de décider de la date de cette ouverture. Même si la Commission, dans sa recommandation, émet des réserves qu'elle n'avait jusque-là jamais prononcées dans les processus similaires précédents, évoquant la possibilité d'un échec des négociations, chacun mesure l'importance de cette décision pour l'avenir de l'Union européenne.
Le débat qui s'engage aujourd'hui a, à l'évidence, des odeurs malsaines dont il faut se méfier, non seulement d'un point de vue moral, mais d'un point de vue politique. La vraie question n'est pas celle de la Turquie. A l'évidence, celle-ci est loin de remplir les conditions requises La Commission le reconnaît. La vraie question est celle de tous les élargissements et de la faiblesse d'une Europe incapable d'affirmer un projet cohérent et une volonté lisible et claire.
Il faut dire très clairement que si l'Europe ne se dote ni d'une capacité démocratique rénovée ni des moyens de défendre sa puissance et son modèle, alors nous voterons non à cette adhésion comme d'ailleurs à toute autre.
Disons clairement aux Turcs, et encore plus à tous les dirigeants européens, qu'ouverture des négociations ne vaut pas adhésion, et que nous conditionnons cette adhésion non seulement aux progrès que la Turquie doit encore accomplir mais à la réforme des institutions européennes et à une nouvelle ambition pour l'Union.
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| November 21, 2004 | 4:08 PM |
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L'UDF Sciences Po - "L'Europe Politique ne passera pas par Ankara"
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Le 17 décembre prochain, le Conseil européen va selon toute vraisemblance enteriner l’engagement de négociations d’adhésion avec la Turquie. Malgré les efforts répétés de l’UDF pour que les citoyens français ou leurs représentants soient réellement consultés, Jacques Chirac n’a permis qu’un débat symbolique sans vote au Parlement, et a promis un référendum sur la question à la fin des négociations.
Or, il apparaît pour le moins hasardeux de courir le risque de voir les Français refuser une adhésion à la Turquie, qu’elle mériterait probablement en tenant compte uniquement des critères de Copenhague. Jusqu’à présent, tout engagement de négociations d’adhésion s’est conclu par l’adhésion du pays concerné, et ce n’est que justice !
C’est pourquoi il est fondamental, dans l’hypothèse d’une ouverture des négociations, que la possibilité envisagée par la Commission de nouer un partenariat sans adhésion automatique, soit pris en compte et privilégié au plus vite.
Car dans une Union européenne qui se donne enfin les moyens de ses ambitions, avec la ratification du projet de traité constitutionnel, l’adhésion turque n’apparaît pas souhaitable : par sa situation géographique, son retard économique, comme sa fragilité politique, la Turquie risque d’etre un morceau trop gros à avaler pour l’Europe politique en formation. L’ambition pour l’Europe ne permet pas de prendre un tel risque.
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| November 21, 2004 | 4:04 PM |
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Pour un NON à l’intégration de la Turquie
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L’UMP et les Jeunes Populaires ont arrêté en mai dernier leur position sur l’adhésion de la Turquie. Partisans d’une Union européenne forte et dynamique, nous pensons qu’elle doit avoir des frontières bien délimitées, et donc qu’elle n’a pas vocation à s’étendre au-delà des futurs 27 Etats membres et des Balkans. L’entrée de la Turquie, un pays aux limites de l’Europe de par son Histoire et sa culture, risquerait d’une part de fragiliser une Europe devenue trop disparate et d’autre part d’enlever à l’idée de frontières géographiques de l’Europe toute pertinence. Un élargissement à d’autres pays du pourtour méditerranéen deviendrait alors possible et priverait l’Europe de toute homogénéité. Bien entendu, un renforcement des politiques communautaires dans une Union à 25 ou 27 membres passera forcément par des coopérations renforcées, mais celles-ci doivent se faire dans un cadre cohérent, et non dans une vaste zone de libre échange sans vision commune. Ce n’est pas le peuple turc que nous refusons, ni cet Etat, mais l’idée que l’Union européenne a vocation à s’étendre aux delà de ses frontières actuelles (Roumanie et Bulgarie comprises). Il faut donc envisager un partenariat privilégié avec ce pays, sans pour autant le faire rentrer dans l’Union, sans ouvrir les négociations d’adhésion, car on ne ferme pas la porte à un pays qui a travaillé pendant dix ans à rejoindre l’Union. Le débat doit donc avoir lieu maintenant, et il est de nature politique : il ne suffit pas de se demander si la Turquie remplit les critères de Copenhague, car l’Union européenne, c’est plus qu’un ensemble de pays démocratiques réunis dans un marché commun, c’est un projet d’envergure, notamment au niveau international.
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| November 21, 2004 | 3:56 PM |
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OUI à l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne
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Intégrer la Turquie dans l’UE, c’est s’ouvrir à la diversité religieuse et culturelle et démontrer ainsi l’absence de toute exclusivité religieuse européenne. Notons d’ailleurs que la Turquie est l’un des trois pays laïcs du monde ; les critiques sur le caractère religieux du gouvernement sont infondées, aussi infondées que si l’on accusait la démocratie chrétienne d’être « intégriste ». L’intégration de la Turquie représente une main tendue à la fois vers le monde arabo-musulman et vers les nombreux Musulmans vivant aujourd’hui en Europe et qui connaissent parfois des difficultés d’intégration. Bâtir un pont entre deux civilisations ou deux peuples qui connaissent une histoire conflictuelle, n’était-ce pas l’ambition de Monnet et Schuman? Ne pourrions-nous pas réitérer aujourd’hui cet exploit ?
Les conditions d’adhésion de la Turquie (telles que récemment définies par la Commission européenne), sont strictes. Ne nous emballons pas : les négociations seront longues, ce qui peut donc rassurer les prophètes de malheur qui stigmatisent ce pays du fait de ses indéniables retards (en matière de doits de l’homme, de devoir de mémoire, en matière économique et sociale). Elles impulseront en revanche une démocratisation sans précédent de ce pays ainsi qu’un cycle de croissance qui lui permettra de rattraper son retard économique.
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| November 21, 2004 | 3:37 PM |
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