L’UMP et les Jeunes Populaires ont arrêté en mai dernier leur position sur l’adhésion de la Turquie. Partisans d’une Union européenne forte et dynamique, nous pensons qu’elle doit avoir des frontières bien délimitées, et donc qu’elle n’a pas vocation à s’étendre au-delà des futurs 27 Etats membres et des Balkans. L’entrée de la Turquie, un pays aux limites de l’Europe de par son Histoire et sa culture, risquerait d’une part de fragiliser une Europe devenue trop disparate et d’autre part d’enlever à l’idée de frontières géographiques de l’Europe toute pertinence. Un élargissement à d’autres pays du pourtour méditerranéen deviendrait alors possible et priverait l’Europe de toute homogénéité. Bien entendu, un renforcement des politiques communautaires dans une Union à 25 ou 27 membres passera forcément par des coopérations renforcées, mais celles-ci doivent se faire dans un cadre cohérent, et non dans une vaste zone de libre échange sans vision commune. Ce n’est pas le peuple turc que nous refusons, ni cet Etat, mais l’idée que l’Union européenne a vocation à s’étendre aux delà de ses frontières actuelles (Roumanie et Bulgarie comprises). Il faut donc envisager un partenariat privilégié avec ce pays, sans pour autant le faire rentrer dans l’Union, sans ouvrir les négociations d’adhésion, car on ne ferme pas la porte à un pays qui a travaillé pendant dix ans à rejoindre l’Union. Le débat doit donc avoir lieu maintenant, et il est de nature politique : il ne suffit pas de se demander si la Turquie remplit les critères de Copenhague, car l’Union européenne, c’est plus qu’un ensemble de pays démocratiques réunis dans un marché commun, c’est un projet d’envergure, notamment au niveau international.