Le 17 décembre prochain, le Conseil européen va selon toute vraisemblance enteriner l’engagement de négociations d’adhésion avec la Turquie. Malgré les efforts répétés de l’UDF pour que les citoyens français ou leurs représentants soient réellement consultés, Jacques Chirac n’a permis qu’un débat symbolique sans vote au Parlement, et a promis un référendum sur la question à la fin des négociations.
Or, il apparaît pour le moins hasardeux de courir le risque de voir les Français refuser une adhésion à la Turquie, qu’elle mériterait probablement en tenant compte uniquement des critères de Copenhague. Jusqu’à présent, tout engagement de négociations d’adhésion s’est conclu par l’adhésion du pays concerné, et ce n’est que justice !
C’est pourquoi il est fondamental, dans l’hypothèse d’une ouverture des négociations, que la possibilité envisagée par la Commission de nouer un partenariat sans adhésion automatique, soit pris en compte et privilégié au plus vite.
Car dans une Union européenne qui se donne enfin les moyens de ses ambitions, avec la ratification du projet de traité constitutionnel, l’adhésion turque n’apparaît pas souhaitable : par sa situation géographique, son retard économique, comme sa fragilité politique, la Turquie risque d’etre un morceau trop gros à avaler pour l’Europe politique en formation. L’ambition pour l’Europe ne permet pas de prendre un tel risque.