La Commission européenne vient de recommander l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, laissant au Conseil des ministres européen qui se tiendra à Bruxelles le 17 décembre le soin de décider de la date de cette ouverture. Même si la Commission, dans sa recommandation, émet des réserves qu'elle n'avait jusque-là jamais prononcées dans les processus similaires précédents, évoquant la possibilité d'un échec des négociations, chacun mesure l'importance de cette décision pour l'avenir de l'Union européenne.
Le débat qui s'engage aujourd'hui a, à l'évidence, des odeurs malsaines dont il faut se méfier, non seulement d'un point de vue moral, mais d'un point de vue politique. La vraie question n'est pas celle de la Turquie. A l'évidence, celle-ci est loin de remplir les conditions requises La Commission le reconnaît. La vraie question est celle de tous les élargissements et de la faiblesse d'une Europe incapable d'affirmer un projet cohérent et une volonté lisible et claire.
Il faut dire très clairement que si l'Europe ne se dote ni d'une capacité démocratique rénovée ni des moyens de défendre sa puissance et son modèle, alors nous voterons non à cette adhésion comme d'ailleurs à toute autre.
Disons clairement aux Turcs, et encore plus à tous les dirigeants européens, qu'ouverture des négociations ne vaut pas adhésion, et que nous conditionnons cette adhésion non seulement aux progrès que la Turquie doit encore accomplir mais à la réforme des institutions européennes et à une nouvelle ambition pour l'Union.